Interview de Fanny Expatrié au Québec

présentation de toi et ta petite famille
Qui a été l'instigateur du projet? et comment cela vous es venu?

Je m’appelle Fanny, j’ai 35 ans. Je suis née à Nîmes (gard-languedoc roussillon) dans le sud de la France. J’y ai toujours vécu. Je suis devenu maman juste avant de commencer mes études universitaire, en philosophie (je les ai donc faites par correspondance). Abi est arrivée en 2000, alors que je n’avais que 20 ans ! Aucun regrets, au contraire que du bonheur mais du coup j’ai un peu laissé ma vie en suspens et n’ai jamais vraiment  trouvé ma voie professionnelle. En 2004, j’ai repris ma vie en main, nous nous sommes séparé avec le papa d’Abi et j’ai continué ma vie de mon côté, avec ma fille, allant de job en job, de galères en galères, des rêves de voyages pleins la tête ! Et en juillet 2008, j’ai fait une rencontre qui allait bouleverser nos deux vies ! Il était militaire, basé vers Paris. Notre rencontre est amusante, imprévue et incongrue. C’est un site internet de rencontre qui nous a mis sur la route l’un de l’autre. Une envie d’aventure pendant que ma fille était en vacances, une aventure sans lendemain, juste pour s’amuser. Mais….. Fabien est descendu un week end de l’été, nous avons passé un très bon week, si bon qu’à la fin de celui-ci il me demandait s’il pouvait redescendre le suivant. Et j’ai dit oui ! Bref de week end en week end Fabien s’est installé dans nos vies et dans nos cœurs. Au bout de deux ans son contrat touchait à sa fin et son régiment était dissous. Il était donc muté sur Montpellier. Il s’est donc installé avec nous, chez moi, puis nous nous sommes installés chez nous quelques semaines plus tard. Fabien avait du mal à trouver un travail dans son domaine de compétences, et très vite des envies d’aller voir ailleurs sont apparues. Nous voyageons pas mal et nous nous projetions dans tous les pays que nous visitions, mais un seul s’imposait vraiment, le Québec. Il s’agissait pourtant d’un projet quasi irréalisable car vraiment très loin, mais l’idée avait été énoncée lors du visionnage d’une émission sur des français qui tentaient l’expatriation vers le Québec . Puis cette idée a germée, de semaines en semaines. En parallèle nous avions le projet d’acheter notre première maison, mais dans le bassin nîmois les seul biens accessibles étaient des maisons en lotissement qui ne nous plaisaient pas, nous avons cherché plus loin et opter pour la construction et avons failli faire une bêtise en investissant dans un terrain qui était en parti sur une zone non constructible et qui n’avait aucune chance de devenir constructible. Et c’est là que nous avons pris la décision, précisément, de nous lancer dans l’aventure du Québec. Nous avons beaucoup lu sur le sujet, sur la qualité et le niveau de vie, sur l’emploi en général et plus particulièrement pour nous, sur le niveau et les possibilités d’études et nous avons été conquis par les opportunités que pouvait nous offrir le Québec. Au mois de juin suivant nous avons fait notre voyage de « découverte » trois semaines partagée entre Montréal et Québec . Nous avons rencontré, à Québec, le responsable de l’OFII pour lui demander d’évaluer nos chances de trouver un travail au Québec et le temps que cela pourrait nous prendre. Ses paroles ont été tellement optimistes et rassurantes que nous mettions en route la procédure dès notre retour en France. Bref notre décision a été prise après bien deux ans de réflexions, nous prenions quand même la décision de tout quitter et d’arracher Abi à son papa, à sa famille et à tout ce qui avait été sa vie, la décision était la nôtre, réfléchie et désirée, en ce qui la concerne s’était plus délicat elle était imposée . Il nous a fallu encore deux ans de procédure et un an de préparatif pour enfin prendre cet avion qui nous a emmenés vers notre nouvelle vie :


Pourquoi le Quebec?

Le Québec était particulièrement attirant, car il n’y avait pas de barrière de la langue, et puis le système de valeurs est vraiment celui qui nous convient, la culture du travail, de la famille et de la courtoisie !!! Nous ne sommes pas à la recherche de la fortune et la gloire, seulement d’un pays qui nous offrait l’opportunité de vivre mieux de notre salaire et d’éduquer nos filles dans un endroit sécuritaire et propice à l’épanouissement personnel.


Pourquoi Quebec city?

Pourquoi Québec ?? D’abord pour le coup de foudre, mais quelle magnifique ville. Une ville avec un cœur « européen » imbriqué dans un schéma urbain nord-américain, un savant mélange d’ancien dans du contemporain !!  Montréal quant à elle nous a paru monstrueuse et étouffante, nous y avions passé quelques jours fabuleux mais la vie trépidante de cette métropole n’était pas ce que nous cherchions. Et puis à un niveau plus pratique, il faut quand même être bilingue pour se donner un maximum de chance de trouver un emploi satisfaisant. Québec, elle, est nettement plus francophone que Montréal, et la qualité de vie y semblait meilleure.

un petit bilan depuis votre arriver les + et les - ?

Depuis notre arrivée le 26 juin 2014, tout est allé très vite. C’était tellement exaltant et excitant. Des dizaines  de choses à faire, des centaines de choses à voir et à faire. Nous y étions, là, au Canada, enfin !! Nous l’avions fait, nous y étions arrivés !! Mais tant était encore à faire. D’abord les papiers, l’appartement, les services, nous avions bien dégrossi depuis la France (location d’appartement court terme, location de notre appartement  long terme, location de la voiture, pré ouverture de compte et prise de rendez-vous à la banque pour le lendemain de notre arrivée pour vite y faire notre dépôt d’argent liquide avec lequel nous étions partis.)Bref deux semaines trépidantes pendant lesquelles Fabien a également trouvé son premier emploi québécois (qu’il occupe encore aujourd’hui). Tout est allé très vite, cela fait aujourd’hui six mois que nous sommes ici et j’ai encore l’impression que nous avons débarqué de l’avion hier !  En ce qui me concerne j’ai mis un peu plus de temps à trouver du travail, mais j’ai su m’entouré des bonnes personnes et j’ai su créer les bons contacts grace à de bons conseils. Il ne faut vraiment pas hésiter à poser des questions et surtout ne pas croire que l’on sait tout parce qu’en France ça marchait comme ça. Il faut sans cesse se remettre en question et comprendre (ou se faire expliquer par les professionnels qui sont là pour ça) pourquoi ça ne fonctionne pas. Il ne faut pas non plus cracher dans la soupe, comme on dit, on ravale sa fierté et s’il faut on recommence plus bas que ce qu’on avait avant ! il faut bien comprendre que les Québecois ne nous attendent pas, il faut donc prouver sa valeur et ses qualités. J’ai donc pris un job (que je m’était pourtant promis de ne jamais plus refaire, un job dans le télémarketting, cumulé avec quelques remplacement en garderie sous les ordres de jeunes filles moitié moins de mon âge, et alors ?? ben je suis pas morte et j’ai pas démérité ! mon curriculum vitae comptait alors deux expérience de travail Québécoise et, par l’intermédiaire d’une société de placement (Adecco ) j’ai trouvé un poste qui me convient et me rend heureuse, comme adjointe administrative dans un cabinet d’experts en sinistre :


le manque de la famille et des amis commencent ils à se faire sentir?

Dans les forums de discussions ou sur les sites d’immigration on voit souvent des recommandations comme « ne vous refermez pas sur vous-même, sortez allez à la rencontre des gens ou du genre ne restez pas qu’entre vous du même groupe ethnique ou de même nationalité » tout ceci est bien joli mais bien contradictoire. Comme je le disais plus tôt les Québécois ne nous attendent pas, ils ont leur vie, leur famille et leurs amis, et même si nous représentons l’amusement de la nouveauté (parfois) ils ne sont pas forcément enclins à nous introduire dans leur cercle privé (tout comme nous). Ils ne sont pas sauvages ou asociaux comme certains déçus le diront, ils ont simplement une autre façon de vivre que nous n’avons pas forcément envie ni possibilité d’adopter. En effet leur façon de vivre est différente et les liens d’amitié se font différemment. Les Québécois se retrouvent plus volontiers à l’extérieur, lors d’évènement et moins chez eux autour d’un repas  alors nous sommes partis du principe qu’à l’image de Rome qui ne s’est pas faite en un jour, nous ne deviendrions pas  Québécois en une semaine. Nous nous sommes donc créer un cercle, devenu maintenant des amis, de Français arrivés comme nous fraichement au canada et pour les même raisons que nous. Nous nous retrouvons avec le même plaisir en moyenne une fois par mois et faisons des activités avec les uns ou les autres à d’autres occasions. Ce qui ne nous empêchera pas ni ne nous empêche de lier avec des Québécois si l’occasion se présente. Certains d’entre nous ont d’ailleurs, déjà, un cercle québécois et à l’occasion nous nous réunirons tous, à n’en pas douter !


raconte nous un peu votre parcours pour arriver jusqu'au quebec?

Voila nos délai de procédure :
Fabien (34 ans), technicien informatique niveau 2, Fanny (34 ans) assistante de régulation médicale (secrétaire médicale), Abigaël (14 ans) et Margot (21 mois) - FRANCE
DCSQ le 14/11/2011;
prélévement frais CSQ 10 avril 2012;
AR DCSQ le 27 juillet 2012;
CSQ le 04/10/2012;
audience JAF le 22/11/2012; réception par AR de la garde totale le 16/01/2013;
Envoi Fédéral 21/01/2013;
encaissement des frais du fédéral le 08/03/2013;
AR fédéral le 08/03/2013;
IVM reçue par mail le 24/04/2013;
VM le 8/07/2013;
BRUNE avec les CRP reçu le 11/09/2013;
départ prévu le 26/06/2014.

C’est un bon récapitulatif, utile, cette procédure à occuper 50 % de notre vie pendant 3 ans !! papier, attente, excitation, attente, réception, espoir, excitation, attente….. et puis le 11 septembre 2013 on a tout et la faut rien perdre parce qu’on ne part que 9 mois plus tard !! Pourquoi ? Pour deux raisons : Abigaël vient de rentrer en 4éme, elle est déjà minée par ce départ alors on ne va pas la brusquer. On la laisse se faire à l’idée du départ et faire ses au-revoirs à ses amis e à sa vie Française. Et puis financièrement on n’est pas prêts. Nous ne sommes pas propriétaires, alors ma maman nous propose son aide, elle n’a pas d’argent mais deux chambres libres et une cave. Soit une chambre pour les filles, une pour nous et la cave pour les affaires que l’on emmène au Québec. Donc en août on rend notre appartement, et on vend presque tous nos meubles, le reste on l’entrepose dans la cave chez ma mère. Et là on fait vraiment des économies ! Plus de loyer, plus de charges, moins d’essence…. On participe mais ma mère a vraiment été merveilleuse !! Ces neuf mois nous ont également permis de préparer notre départ !



comment se sent toute ta petite famille?intégration,école,travail etc...

C’est pour mon ainée que cela a été le plus difficile, elle ne voulait pas de ce départ ! mais je pense que ces six premiers moi l’ont un peu changée. En tout cas le rythme scolaire lui convient mieux, à mon avis. Elle finit ce premier trimestre avec une bonne mine et sans cernes sous les yeux, pourtant au Québec il n’y a pas de vacances entre la rentrée de septembre et les vacances de noël ! mais elle est plus sereine et beaucoup moins stréssée. Son relationnel n’a pas pati du changement et elle a, elle aussi, un joli cercle d’ami. Le côté sécuritaire de notre nouveau pays nos laisse plus enclin à la laisser sortir, ainsi elle est plus libre et sort plus (en journée, elle n’a que 15 ans) mais aussi un peu en soirée, les vendredi soir elle va soutenir l’équipe de baskett ball de ses amis de classe avec d’autres copine (par exemple). On la laisse prendre le bus pour se rendre au centre commercial…. Je pense qu’elle commence à percevoir ce changement sous un angle plus positif et en apprécier les répercussions et les changements, même si sa vie d’avant, celle qu’elle connaissait et dont elle maitrisait tous les paramétres lui manque quand même, elle s’aperçoit quand même de tout ce qu’elle peut et pourra faire ici qu’elle n’aurait jamais pu faire en France. Et puis en juin elle part en voyage de classe à Boston !!

En ce qui concerne la petite, et bien, arrivée a tout juste deux ans, elle est Québécoise….

Pour nous c’est le fun, on a ce qu’on voulait, ce qu’on est venu chercher, enfin… on verra plus tard, six mois c’est encore trop court pour faire une bonne introspection, on est encore dans l’euphorie et la découverte….

avez vous de nouveaux projets là-bas et quels sont les tiens

Nos projets sont simples, on travaille pour nous offrir à nous et nos filles une vie confortable, la possibilité qu’elles fassent de bonnes études et se construire la vie qu’elles ont envie d’avoir. On compte bien devenir enfin propriétaire à moyen termes et on veut voyager et visiter notre nouveau pays, notre nouveau continent !


Merci à toi Fanny d'avoir jouer le jeux se fût très intéressant et j'ai hâte de faire votre connaissance....

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